Université d’été 2019 : les textes

L’université d’été du service de la Mission universelle s’est tenue du 19 au 23 août 2019 à Annecy, à la Maison diocésaine. Le thème en était  « Le cri de la Terre est aussi le cri des pauvres ».

Groupe2019_Geneve

Les participants à l’Université d’été à Genève.

Les participants

L’université d’été a regroupé 32 personnes à la Maison diocésaine du diocèse d’Annecy. La médiane de l’âge est de 69 ans (la moitié des participants a moins de 69 ans, la moitié plus de 69 ans). La plus âgée a 81ans, la plus jeune 37 ans. Parmi les participants, on trouve bon nombre de délégués diocésains à la mission universelle. Pour cette édition 2019, il y avait très peu de « nouveaux » participants, la plupart étaient déjà venus à une université d’été. Les participants venaient de toute la France, les provinces ecclésiastiques non représentées étaient : Lille, Bordeaux, Poitiers, Tours…

Le thème

Le cri des pauvres et le cri de la planète ne forment qu’un seul et même cri !

Sur les 7 milliards d’habitants de notre planète, près d’un milliard vivent dans la misère. Près d’un milliard vivent en bidonvilles, près d’un milliard sont sous alimentés ou ne disposent pas d’eau potable… ce sont les constats de la Banque mondiale !
En France, près de 14% de la population vit sous le seuil de pauvreté, le seuil officiel des pouvoirs publics. Les rapports du Secours catholique et d’autres ONG interpellent notre société riche. Pauvreté monétaire, pauvreté relationnelle, pauvreté culturelle… La crise des Gilets jaunes a montré que l’inquiétude de « tomber dans la pauvreté » étreignait de nombreuses personnes des classes moyennes. Mais qu’en disent les personnes en situation de pauvreté elles-mêmes ?
Notre modèle économique et politique va droit dans le mur, disent de nombreux observateurs. Le réchauffement climatique en est l’illustration la plus aigüe et la plus emblématique. Qui peut se saisir d’un tel problème ? Qui dispose de la solution ? Pas même l’homme politique le plus puissant de la terre, le président des USA. D’autant moins qu’il est lui-même plutôt climato-sceptique. La solution ne viendra que d’un accord entre l’ensemble des puissances de la planète qui feront prévaloir les intérêts à long terme (la fin du siècle, la vie de nos petits-enfants) sur des considérations électoralistes à court terme. Comment obtenir cet accord entre nos États si divers aux intérêts opposés ?

Trouvera-t-on une solution technique à ces problèmes ? Une solution que l’on pourrait imposer à des opinions publiques récalcitrantes ? Pourrait-on résoudre la question de la pauvreté sans y associer les pauvres eux-mêmes ?

Le cri qui monte de notre humanité est un triple cri : le cri des pauvres, le cri de la planète, le cri de la démocratie. L’humanité n’a plus le choix. C’est ce que nous dit aussi, avec ses mots à lui, le pape François, en particulier dans l’encyclique Laudato Si.
Les religions, les spiritualités, en particulier notre Église catholique, ont-elles quelque chose à nous dire sur ces sujets ? Sont-elles des ressources pour nous aider à trouver des solutions ? Nous incitent-elles à modifier les politiques publiques qui traitent de ces défis ? Nous incitent-elles à modifier nos modes de vie, personnels ? La frugalité est-elle ce modèle que nous cherchons à tâtons ? Une frugalité choisie et heureuse est-elle possible et réalisable ? Y a-t-il un lien entre les politiques publiques et nos engagements concernant notre vie personnelle ? Laudato Si a-t-elle ouvert des voies pour les chrétiens ? Si oui, lesquelles ?

Le programme

On trouvera ici le programme de la semaine. Avec les noms des intervenants.

Le lundi, nous avons fait connaissance. Chacun a énoncé ses attentes. On peut les regrouper en plusieurs « paniers » :
– Approfondir le thème. Se former. Apprendre quelque chose, mieux connaitre l’encyclique Laudato Si… Mais cette connaissance ne doit pas être simplement intellectuelle.
– Se parler, partager, échanger : aussi les participants sont très attachés au climat de convivialité qui caractérise l’université d’été.
– Découvrir de nouveaux lieux. Cette année : Annecy, Genève et ses institutions internationales, La basilique de la Visitation où reposent St François de Sales et Ste Jeanne de Chantal.
Se déconnecter, passer des vacances studieuses…
– Découvrir et vivre une écologie nourrie d’espérance, rompre avec un certain esprit catastrophiste…

Les soirées ont été consacrées à des ateliers avec libre participation. Le lundi, Brigitte Thouvenot a présenté une lecture des Écritures qui prend en compte la culture orale du peuple de la Bible ; une connaissance de la Bible qui passe aussi par la mémorisation du texte, par le recours aux langues d’origine du texte… voir un exposé assez voisin qu’elle a présenté il y déjà quelques années.

Le mardi soir, Pierre Diarra, des OPM, a présenté le Mois Missionnaire Extraordinaire qui aura lieu en octobre 2019.

Le jeudi soir, un échange a eu lieu entre tous les participants, ceux qui avaient l’expérience d’un jumelage entre diocèses et ceux qui souhaitaient en acquérir une, sur les avantages et difficultés d’un jumelage entre diocèses (de France et d’un pays étranger).

Les intervenants

Le lundi, Antoine Sondag a présenté la problématique de la session et a organisé un exercice pour faire apparaitre les attentes des participants.

Le mardi, Benoît Guillou, rédacteur en chef de la revue Projet, a présenté la social-écologie, qui pourrait ou devrait devenir un « mythe mobilisateur » pour réaliser au mieux les transitions auxquelles nous sommes appelés : transition sociale et transition écologique. Cela ne se fera pas sans contestation des paradigmes sur lesquels nous vivons, souvent sans y réfléchir. Il nous faudra donc une pensée critique.
Le texte de son intervention sera bientôt disponible ici.

En fin de Journée, Mgr Yves Boivineau est venu présenter le département et le diocèse dans lequel les participants se trouvent : la Haute Savoie. Il a présidé l’eucharistie de ce jour.

Le jeudi, Sœur Hélène Noisette a présenté les mutations que nécessite cette transition sociale et écologique. Sr Hélène travaille au CERAS. Elle a insisté en particulier sur la nécessité de mobiliser les ressources spirituelles disponibles pour réussir cette modification de nos modèles économiques. Loin d’être ostracisées ou marginalisées, les religions sont appelées à la rescousse pour faciliter cette modification de nos modèles économiques. D’autant qu’il ne s’agit pas seulement de changer nos politiques publiques, mais aussi, et souvent, de changer nos habitudes de consommation.Des travaux de groupe ont permis de se replonger dans certains extraits de l’encyclique Laudato Si.

Laudato Si’ et les ressources des spiritualités pour la conversion écologique

La pause de midi a été mise à profit pour se rendre en pèlerinage à la basilique de la Visitation où reposent St François de Sales et Ste Jeanne de Chantal.

Le vendredi matin, Annie Josse a montré comment cette double transition sociale et écologique pouvait ou devait s’appliquer à la zone amazonienne. Ce sera là l’un des enjeux du synode pan-amazonien qui se réunira à Rome en octobre 2019.

Synode spécial sur l’Amazonie

Synode Amazonie

Mercredi : sortie à Genève

La journée du mercredi est traditionnellement consacrée à des visites culturelles. Cette année, il s’agissait de Genève, distante d’à peine 50 km d’Annecy. Le matin, le groupe a eu un entretien avec Markus Kuntze, directeur exécutif de Franciscans International, une ONG confessionnelle qui regroupe l’ensemble des congrégations et mouvements d’inspiration franciscaine. Autour de la question : que peuvent/doivent faire les ONG confessionnelles comme travail de plaidoyer face aux nombreuses institutions internationales dont le siège se trouve à Genève ?

Une promenade dans le quartier international de Genève a permis de voir les bâtiments de nombre de ces institutions. Avec pique-nique dans les jardins au bord du lac.

L’après-midi a été consacré à une visite du Conseil Œcuménique des Églises  Le pasteur Martin Robra nous a introduits à la diversité des Églises membres du COE. En montrant la diversité spirituelle qui les traverse. Et les défis qui se posent aux chrétiens attachés à l’unité des Églises : une fatigue œcuménique (“le stade de l’unité que nous avons atteint est suffisant, il n’est pas nécessaire de progresser plus avant sur ce chemin…”), et l’absence au COE de beaucoup d’Églises pentecôtistes ou évangéliques.

Le soir, le groupe s’est retrouvé au restaurant Domaine de la Caille, qui nous a présenté des plats typiquement savoyards.

Communication

Antoine Sondag a été interviewé avant l’université d’été par le journal La Croix. Il ne faut pas opposer les préoccupations écologiques aux préoccupations sociales

Écouter la table ronde organisée par la radio RCF sur les thèmes de l’université d’été, avec des participants et des intervenants à l’université d’été.

La Mission Universelle au 21e siècle : pourquoi, comment ?

Évaluation

Synthèse des évaluations de l’Université d’été faites par les participants.

Antoine Sondag
Août 2019

On lira avec profit les comptes rendus des universités 2016, 2017 et 2018.