Maroc : une pandémie de prière

Toutes les communautés chrétiennes redoublent de créativité et d’inventivité pour permettre à tous de vivre la situation inédite du confinement, et d’une semaine sainte en confinement, comme un temps de rupture, de retour en soi-même et en Dieu. Le cardinal Cristóbal López, archevêque de Rabat, a proposé : « Contre la pandémie du coronavirus, une pandémie de prière ».

2020.04.09_Card-Lopez-Romero. Maroc : une pandémie de prière

Le cardinal Cristóbal López et le pape François.

Faisant mémoire dans un message aux fidèles de l’archidiocèse de la visite du Pape François en mars 2019, le cardinal rappelle que celui-ci était venu au Maroc en « Serviteur de l’Espérance », une espérance dont le monde malade a plus que jamais besoin. Comment être témoins d’espérance dans la situation de pandémie que nous vivons ? Dans une entrevue à Religión Digital, qui l’interrogeait sur l’épidémie de Covid-19 au Maroc, le cardinal répondait qu’il la vivait aussi comme un défi pastoral : « comment orienter, encourager, éclairer les chrétiens dans cette situation ? Comment être sel de la terre et lumière du monde en ce moment et ici au Maroc ? » Les propositions de l’Église au Maroc ne manquent pas, pour exemple celle de l’équipe pastorale de la cathédrale de Rabat : une vidéo quotidienne, en alternance prière, chemin de croix, méditation de la Parole, messe dans une communauté.

Se pose aussi l’immense question de la faim. Le cardinal López alerte : des milliers de Marocains et de migrants ont faim depuis le début de la pandémie : « ils subsistaient grâce à la mendicité et aux petits travaux qui leur donnaient de quoi manger. Et tout à coup ces deux possibilités ont disparu… Au bout de deux jours, ils n’avaient plus de quoi manger ». Et d’insister : « dans ce monde nouveau que nous devons créer ou recréer, personne ne devrait dîner jusqu’à ce que tous aient mangé au moins une fois par jour ». Un appel à inventer aussi de nouvelles formes de solidarité et de fraternité, qui passeront par des changements personnels et communautaires.

C’est sur la force de ce changement que le cardinal conclut son message : « Continuons à prier ; peut-être la prière ne changera pas la réalité… mais c’est sûr qu’elle nous changera nous-mêmes. Et si nous sortons de la prière comme des personnes changées, renouvelées, renforcées, alors nous ferons changer la réalité ».

Annie Josse
SNMUE