Pacte mondial pour changer le modèle économique

Le pape François a annoncé la tenue à Assise en mars 2020 d’une réunion visant à élaborer un pacte pour changer de modèle économique : un modèle sans pauvreté, sans exclusion, un modèle durable… Destinée aux économistes soucieux de fraternité humaine. Dans la ligne de l’encyclique Laudato Si. Ce ne sera pas réservé aux catholiques.

Pacte mondial pour changer le modèle économique. Le pape lors d'une rencontre avec des entrepreneurs au Vatican.

Le pape lors d’une rencontre avec des entrepreneurs au Vatican.

 

Pacte mondial pour changer le modèle économique

La rencontre se tiendra en mars 2020. Dans sa lettre, le pape affirme que tant que notre système économique et social produira une seule victime, toute fraternité universelle sera impossible.

Le pape François veut promouvoir mondialement cette initiative par laquelle il cherche à impulser un changement du modèle économique actuel. Le travail a déjà commencé et aura comme point d’orgue une rencontre, prévue en mars prochain à Assise, à laquelle il espère faire participer des économistes du monde entier. Le pari de François est de parvenir à un « pacte commun » permettant de modifier l’économie actuelle pour lui donner une âme. Dans la lettre conviant à la rencontre, intitulée « L’économie de François », il insiste sur la nécessité de lancer un processus de changement global impliquant « tous les hommes de bonne volonté, au-delà des différences de credo et de nationalité, unis par un idéal de fraternité et avant tout attentif aux pauvres et aux exclus ». La rencontre se déroulera du 26 au 28 mars 2020, à Assise. Rencontre pour laquelle François espère réunir de nombreux économistes mais aussi des étudiants, pour les inciter « à pratiquer une économie différente, qui fasse vivre et non pas mourir, qui inclut et non pas exclut, qui humanise et non pas déshumanise ».

L’appel s’adresse également aux universitaires. « Tant que notre système économique et social produira encore une seule victime et tant qu’il y aura une seule personne mise à l’écart, la fête de la fraternité universelle ne pourra pas avoir lieu », écrit le pape dans sa lettre.

L’idée est de promouvoir « un processus de changement global qui voit un esprit commun non seulement entre ceux qui ont le don de la foi, mais entre tous les hommes de bonne volonté, au-delà des différences de credo et de nationalité, unis par un idéal de fraternité avant tout attentif aux pauvres et aux exclus ». Assise, la ville de saint François, a été choisie car elle est « un symbole et un message d’un humanisme de la fraternité ». Le pape argentin souligne que si « saint Jean-Paul II l’a choisie comme icône d’une culture de paix, elle me semble à moi aussi un lieu inspirant d’une nouvelle économie. »

Le pape souligne que saint François « se dépouilla de toute mondanité pour choisir Dieu comme étoile du berger de sa vie, en se faisant pauvre avec les pauvres, frère universel » et qu’il peut donner « l’espérance à notre avenir, au bénéfice non seulement des plus pauvres, mais de toute l’humanité »

Dans un autre passage, François rappelle que, dans l’Encyclique Laudato si’, il a « souligné comment aujourd’hui plus que jamais tout est intimement connecté et que la sauvegarde de l’environnement ne peut pas être dissociée de la justice envers les pauvres et de la solution des problèmes structurels de l’économie mondiale « . Il appelle à corriger les « modèles de croissance  » bien que, « malheureusement, l’appel à prendre conscience de la gravité des problèmes (…) reste encore lettre morte« .

 

Article paru en espagnol dans la revue Pagina12
Le 11 mai 2019
(traduction Maria Mesquita Castro)

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