Guatemala : les évêques pour l’apaisement des tensions

La Conférence épiscopale du Guatemala dénonce une fois de plus, dans un message rendu public le 12 septembre 2018, les conséquences des décisions gouvernementales et appelle au dialogue et à l’apaisement. Ce message est écrit à l’occasion du « Mois de la Patrie », qui commémore l’indépendance du pays le 15 septembre.

Guatemala : les évêques pour l’apaisement des tensions . Manifestations au Guatemala.

Manifestation à Guatemala city.

Depuis plus d’un an, le Guatemala traverse une grave crise institutionnelle provoquée par la décision du président Jimmy Morales de faire expulser le juriste colombien Ivan Velasquez, médiateur de l’ONU, chargé d’une enquête sur le financement de sa campagne. La levée de l’immunité de Jimmy Morales – ancien comédien comique été élu en 2016 au terme d’une campagne basée sur le slogan : « ni corrompu, ni voleur » –  a été demandée à plusieurs reprises pour des soupçons d’usage de fonds illégaux, et son prédécesseur est lui-même en prison pour corruption. La Commission internationale contre l’impunité au Guatemala (CICIG), que préside Ivan Velasquez depuis 2013, a été créée en 2007 et devrait exercer ses fonctions jusqu’en septembre 2019. Or fin août 2018, Jimmy Morales, contre l’avis de la Cour Constitutionnelle, a décidé d’expulser Ivan Velasquez et de ne pas reconduire le mandat de la CICIG.

Plus de la moitié de la population guatémaltèque, en grande majorité d’origine indigène, vit en dessous du seuil de pauvreté. Ce petit pays d’Amérique centrale d’environ 17 millions d’habitants, miné par la corruption, est secoué depuis un an par de grandes manifestations, auxquelles l’Église a appelé à se joindre pacifiquement. « À de nombreuses reprises au cours de notre histoire indépendante, presque bicentenaire, nous avons vécu le fait que certains ont voulu imposer leur volonté jusqu’à faire en sorte que la violence paraisse inévitable. Tirons les leçons de notre histoire afin de ne pas être condamnés à la répéter », demandent les évêques dans ce dernier message où ils appellent à surmonter la voie de l’affrontement pour prendre celle d’un dialogue sérieux.

Rappelant que « personne n’est au-dessus de la loi », les évêques dénoncent les décisions gouvernementales et affirment que c’est « par la réelle mise en pratique de la loi et non pas seulement par sa simple énonciation, que l’on maintient le sens de la convivialité et que l’on se donne le moyen de surmonter les maux endémiques de la corruption et de l’impunité dont le Guatemala est victime ».

Annie Josse
24 septembre 2018

Déclaration des évêques en français (traduction La Documentation catholique)

Texte original

Sur le Guatemala, on lira le récit du voyage de solidarité qu’y a effectué Mgr L. Dognin en février 2018.