Burundi : appel à un dialogue inclusif

 « Fondés dans le Christ, œuvrons pour la paix dans la vérité et le dialogue»

 

Situé en Afrique de l’Est dans la région des Grands lacs, encadré par le Rwanda, la Tanzanie et la République démocratique du Congo, le Burundi est un petit pays de 27 830 km² (un peu moins que la Normandie), qui compte une population de 10, 5 millions d’habitants selon le recensement de 2016. 45% de cette population a moins de 15 ans.

Carte du Burundi

Comme au Rwanda voisin, les ethnies majoritaires sont les Hutus et les Tutsis. Les conflits ethniques sont fréquents et souvent violents, le génocide de 1993 a fait 300 000 morts. Environ 70% des Burundais sont chrétiens, en grande majorité catholiques, il y a à peu près 10% de musulmans, et 13% se reconnaissent adeptes des religions traditionnelles.

Indépendant depuis 1962, le Burundi a connu une succession de coups d’État jusqu’en 2000 et la signature de l’accord de paix d’Arusha entre les différents protagonistes politiques, à l’exception des deux principaux mouvements rebelles. L’accord est destiné à partager le pouvoir entre Hutus et Tutsis. En 2005, l’actuel président Pierre Nkurunziza, ex-chef rebelle des FDD., (Forces pour la défense de la démocratie) est élu pour la première fois. En 2015, il a décidé de briguer un 3e mandat, et le pays est alors entré dans une crise qui dure encore. Deux processus de dialogue interburundais ont parallèlement été lancés depuis janvier 2016 : dialogue intérieur dans le pays et dialogue extérieur en Tanzanie. Mais le Burundi attend toujours la synthèse de leurs conclusions.

Selon les observateurs, ONU, Fédération internationale des ligues des droits de l’homme, le pays s’enfonce de plus en plus dans la violence et la dictature. Analyse et rapports que le gouvernement burundais taxe de complot international.

mission d’éveiller les consciences

La Conférence épiscopale du Burundi a publié le 8 septembre, à la fin de son Assemblée plénière, un message qui a été lu dans toutes les paroisses du pays. Elle y appelle toute la classe politique à un dialogue inclusif pour « barrer la route à ceux qui voudraient emprunter la voie de la guerre ». Le dialogue est en effet stoppé depuis plusieurs mois, le gouvernement ne voulant pas participer à des discussions avec l’opposition en exil. Se fondant sur leur « mission spécifique d’éveiller les consciences », les évêques commencent par une présentation de l’identité et de la mission de l’Église, répondant ainsi d’avance à ceux qui les accusaient l’an dernier d’ingérence dans un domaine politique qui n’est pas de leur compétence : « Quand nous donnons un enseignement en rapport avec la vie sociale du pays, ou quand nous éclairons la vie politique par la lumière de notre prédication, non seulement nous ne nous éloignons pas de notre mission, mais nous y restons rigoureusement fidèles comme les prophètes du temps d’Israël. »

Insistant sur le fait que les questions importantes du dialogue ont été identifiées par la médiation régionale agissant sous l’égide de la Communauté est-africaine, en particulier la révision de la Constitution, les évêques conseillent qu’elle soit discutée « selon l’esprit de la réconciliation des Burundais qui a marqué l’Accord d’Arusha » et expriment leur crainte que « les problèmes actuels ne se compliquent plus, si ce dialogue tardait à avoir lieu ».

Message des Évêques du Burundi