Pour préparer le synode sur les jeunes…

La Conférence des Evêques de France a eu la bonne idée de rassembler dans un ouvrage unique tous les textes préparatoires au synode sur les jeunes, la foi et le discernement vocationnel, qui se tiendra en octobre 2018 à Rome.

Synode_jeunesOn y trouve donc le document préparatoire avec le questionnaire (Lineamenta) ; la réponse française à ce questionnaire ; le document final de la réunion pré-synodale (qui a rassemblé à Rome en mars 18 quelques centaines de jeunes du monde entier), et le document de travail final (instrumentum laboris) qui est en quelque sorte une synthèse de tous les travaux préparatoires pour ce synode. En prime, nous avons une excellente introduction de Nathalie Becquart, directrice du service pour l’évangélisation des jeunes et pour les vocations à la CEF, et qui est le maitre d’œuvre de cet ouvrage. Et trois regards de théologiens : Philippe Bordeyne (qui sera l’un des théologiens invités à ce synode) ; Luc Forestier et Véronique Margron.

Ce synode est caractérisé par un large processus de consultation. Il n’est pas inutile de lire les diverses synthèses des consultations préalables qui ont été effectuées. On constatera en particulier que le document de travail final a été largement inspiré de la réunion pré-synodale qui a rassemblé des jeunes de partout à Rome en mars dernier pour une petite semaine.

En rassemblant dans un même ouvrage la plupart des documents préparatoires (de langue française), on constate qu’il s’agit là d’un matériau très riche. Conclusions : consulter, c’est payant ! Cette remarque est intéressante pour ceux qui en doutent ou estiment qu’un synode est un évènement pour évêques, alors qu’il s’agit d’un évènement pour l’Eglise.

Avant même les conclusions du synode en octobre, on peut dès à présent enregistrer un des résultats de tous ces textes rassemblés : les baptisés sont tous disciples-missionnaires, ils ont chacun une vocation, chacun a une vocation, chacun est une vocation… le mot de vocation ne doit pas être utilisé pour désigner les vocations sacerdotales ou religieuses. Mais il désigne le fait que chaque baptisé doit découvrir le chemin qui lui est propre, et sur ce chemin, chaque baptisé doit pouvoir être accompagné. Comme l’indique Nathalie Becquart : « tous disciples-missionnaires, peuple de Dieu en marche à l’écoute de l’Esprit pour témoigner de la Joie de l’Evangile dans la complexité du monde actuel en pleines mutations » (p. 17). Les services des vocations des diocèses doivent intégrer dans leur préoccupation le souci des vocations de laïcs. La pastorale des jeunes vise à promouvoir les jeunes, tous les jeunes. Elle ne peut pas et ne doit pas être simplement un moyen pour « recruter des vocations » (sous-entendu : de prêtres et de religieuses). On ne peut pas instrumentaliser les jeunes baptisés.

Cet ouvrage n’est pas seulement utile pour les trois ou quatre évêques français qui participeront en octobre su synode romain. C’est un instrument de travail pour toutes les personnes engagées dans la pastorale de la jeunesse. Ce petit gros livre est utile, pratique et stimulant.

 

Antoine Sondag
juillet 18

Références de l’ouvrage : Conférence des Evêques de France, Les jeunes, la foi et le discernement vocationnel, Textes de référence du synode. Bayard-Cerf-Mame, juillet 2018, 365 pages, 16€