Visite à l’Eglise du Bénin

De nombreux prêtres originaires d’un des pays d’Afrique sub-saharienne vivent en France pour une mission pastorale (prêtres fidei donum). En plus des prêtres étudiants que l’on connait bien…
Pour mieux connaitre ces prêtres, mieux comprendre leurs actions et réactions, il peut être opportun (et agréable) de rendre visite à leur Eglise d’origine. Lorsque les prêtres venant d’autres pays qui travaillent dans un diocèse français sont en majorité originaires d’un même pays africain, une telle visite est facilitée. Comment appeler ce déplacement ? voyage d’étude, vacances, visite, pèlerinage, visitation d’Eglises ? il y a un peu de tout dans un tel projet. On trouvera ci-dessous l’annonce d’un tel déplacement de chrétiens du diocèse de Bayeux-Lisieux, diocèse où travaillent de nombreux prêtres venus du Bénin.

Antoine Sondag

L’Église du Calvados rend visite à l’Église du Bénin

L’Église du Calvados rend visite à l’Église du Bénin

Pour la première fois, une soixantaine de chrétiens du diocèse se rendent en pèlerinage au Bénin du 2 au 12 février 2018. L’occasion de rendre visite à l’Église qui nous envoie des prêtres, de faire des découvertes et de mieux se connaître.

Le diocèse de Bayeux et Lisieux compte actuellement six prêtres originaires du Bénin en mission dans diverses paroisses, certains depuis de nombreuses années. Partant de ce constat, Benoît Roussier, directeur du service diocésain des pèlerinages, a eu l’idée de proposer un pèlerinage qui a vite affiché complet. Il faut dire que Benoît Roussier connaissait déjà le Bénin et qu’il y avait fort à parier qu’une telle proposition ne pouvait qu’être enrichissante pour tous les participants, y compris pour notre évêque qui s’y rend lui aussi pour la première fois.

Se rencontrer

La première motivation des organisateurs de ce pèlerinage est bien la rencontre entre deux Églises, deux cultures : « Il est important que nous puissions voir ce qui nous différencie mais surtout ce qui nous rassemble, afin de mieux nous connaître, de mieux nous accepter et de mieux travailler ensemble » affirme Benoît Roussier. Pour ce faire, les pèlerins seront principalement hébergés dans des familles.

Pour le Père Albert Hounkpé, originaire de Lokossa, curé de la paroisse St-Martin des Marais (Troarn) depuis septembre 2017 mais présent dans le Calvados depuis plus de douze ans, ce pèlerinage représente beaucoup : « Le Bénin a été, entre autres, évangélisé par des prêtres français de la Société des missions africaines de Lyon. C’est un témoignage pour l’Église du Bénin d’envoyer des prêtres en France en retour de l’évangélisation que le pays a connu. C’est un aussi un témoignage pour les Français d’aller voir et reconnaître le travail qui a été effectué par les missionnaires. Au-delà de l’Histoire, c’est aussi un moyen de faire découvrir notamment à mes anciens paroissiens de Bayeux diverses réalités de l’Église au Bénin. C’est une Église jeune, vivante, avec beaucoup de jeunes prêtres et des assemblées très fournies. C’est l’occasion de montrer comment nous vivons notre foi au Bénin et peut-être de s’inspirer de certaines choses ».

Toutefois, ce pèlerinage s’accompagne aussi d’une démarche de solidarité. En effet, les pèlerins vont faire don d’une dizaine tables de cuisson solaires inventées par Xavier Devos, un habitant d’Epron (au nord de Caen) et fabriquées au Burkina-Faso. « C’était important pour moi de ne pas arriver les mains vides » explique Benoît Roussier.

Bien sûr, cette « visite » à une autre Église demande plus de travail qu’un pèlerinage habituel car les organisateurs ont tout préparé par eux-mêmes, sauf la réservation du voyage en avion. Il faudra donc faire aussi avec les imprévus et vivre au rythme de la vie locale. Qu’importe si le programme n’est pas respecté à la lettre, ce qui compte, c’est la découverte de l’autre. Il est certain qu’au retour, les pèlerins auront beaucoup de choses à nous dire.

Alexandre Barbé
Suivez les pèlerins au jour le jour sur leur blog : http://pele14.blogspot.fr/ 
Article paru dans Église de Bayeux et Lisieux n°360, février 2018