Franciscaines Missionnaires de Marie : revisiter la mission !

Rencontre des Franciscaines Missionnaires de Marie - Janvier 2018

Rencontre des Franciscaines Missionnaires de Marie- Janvier 2018

Je m’appelle Sophie Min et suis coréenne. Religieuse Franciscaine missionnaire de Marie, fmm.

La congrégation

Membre de la Congrégation internationale Franciscaines Missionnaires de Marie, fmm pour l’acronyme. Dès sa fondation, cette congrégation a été internationale. Nous avons trois langues de travail (français, anglais, espagnol). Les communautés sont toujours internationales. Mais de nos jours, on apprend aussi et en plus la langue du pays où on se trouve.

Au plan mondial, nous sommes environ 6000 religieuses. Parmi elles, 200 coréennes. Dont 40 qui vivent hors de Corée. C’est en Inde que la congrégation a commencé. La fondatrice y a créé là la première communauté. Dès avant les vœux, on part parfois à l’étranger. Aujourd’hui, les jeunes religieuses, dès avant les vœux perpétuels, vont à l’étranger.

Il y a une pratique de l’échange interculturel dans notre congrégation. Par exemple dans cette institution que nous appelons : conversations continentales. Les provinciales d’un continent se réunissent pour « faire des conversations ». Pas seulement les provinciales, tout l’institut est invité à poursuivre un chemin de transformation : transformation de notre manière d’être et d’entrer en relation, du regard posé sur ce qui nous entoure, de nos schémas mentaux… il s’agit au fond de la conversion : se laisser transformer par la grâce pour aimer comme Jésus nous a aimés.

C’est un chemin de transformation, on envisage aussi bien les changements au niveau de la personne que les nécessaires modifications de structures. C’est que le monde a changé, nous devons changer nous-aussi. Pour continuer à être le sel de la terre. Evoluer est nécessaire.

Certaines congrégations féminines sont devenues très petites, et elles fusionnent. Ceci n’est pas le problème des fmm. Nous sommes plus de 6000 au plan mondial. Evidemment, certaines provinces connaissent des problèmes d’effectifs.

Trajectoire personnelle

Eh donc, je m’appelle Sophie, j’ai 50 ans, je suis religieuse fmm depuis 94, j’avais 23 ans en entrant. J’ai fait mes études en Corée, suis devenue religieuse en Corée, et après les vœux perpétuels, j’ai été envoyée en France. En 2005. Je suis donc en France depuis 12 ans… après 10 ans de vie religieuse en Corée.

L’accueil en France a été difficile pour moi. Les premiers pas sont difficiles. Nous n’avons pas la même façon de vivre, en France et en Corée. J’avais appris un peu le français avant de venir. Aujourd’hui, j’ai moins de difficultés par rapport à la langue. Il reste un grand décalage pour les mentalités, la compréhension de la culture… Et il y a toujours le défi de vivre en communauté interculturelle.

Même après tant d’années en France, il reste parfois des moments difficiles, on se sent perdue. On prend conscience qu’on ne comprend pas les mentalités. Mais on surmonte les difficultés. C’est une expérience pascale.

Jésus est le premier missionnaire

Mission pastorale

Je suis au service pastoral du village de Bartrès. Nous sommes une communauté en mission pastorale, et donc rémunérée par le diocèse et les sanctuaires. On nous attribue une indemnité, les cotisations sociales et la cotisation retraite.

Les autres religieuses de ma communauté sont retraitées. Notre objectif est de nous mettre au service des pèlerins. Et aussi au service des habitants du village, du secteur pastoral : c’est le « Lourdes rural ». 5 clochers au total : l’ensemble paroissial d’Adé (du nom d’une commune près de Lourdes).

Il y a de nombreux agents pastoraux étrangers à Lourdes. 45 congrégations différentes, donc aussi des religieuses étrangères, au service surtout des pèlerins.

La vie fraternelle est importante dans le charisme des fmm. Un mélange d’esprit franciscain, humilité, simplicité, dévotion mariale et fraternité…

Nous nous appelons franciscaines, mais la formation est très ignacienne. Un temps de formation assez long. Chaque jour un temps de méditation. La formation continue est importante aussi. Curieusement, nous ne recevons pas de formation spécifique pour la vie en communauté internationale.

Missionnaire ?

Fmm : comment comprendre le mot missionnaire dans l’intitulé de la congrégation ?

Jésus est le premier missionnaire. C’est lui qui nous envoie. Dans le contact avec les autres, ces frères humains nous renvoient à Jésus. Mais il n’y a pas de mission spécifique, de tâche missionnaire spécifique. La mission, c’est aussi apprendre à faire la cuisine.

Les gens que je rencontre sont-ils loin de l’Eglise ? Je ne sais pas, la priorité est certes d’être là où l’Eglise est moins présente. D’offrir le visage d’une Eglise pauvre.

Concrètement à Bartrès, on accueille des pèlerins. On rencontre donc beaucoup de croyants, c’est nourrissant. Et on est au service des habitants du village.

 La joie missionnaire

Beaucoup de choses me rendent heureuses. En Corée, j’étais déjà en service pour la paroisse. On trouve de la joie dans le contact direct avec les paroissiens, ou les gens du village. Ici, je me suis sentie très accueillie. J’avais fait une formation à Lille pour la catéchèse, cela m’aide beaucoup ici dans le contact avec les enfants.

Le défi principal est de rester vigilant. Nous sommes au service des paroissiens, et en même temps, il faut être attentif vis à vis des pauvres, des gens les plus exclus, il faut rester en éveil….

Interview de Sophie Min réalisée le 2 novembre 2017 à Bartrès
Par Antoine Sondag

Sur les Franciscaines missionnaires de Marie, on consultera utilement le site de la congrégation .

Répartition des communautés de fmm dans le monde (un point rouge pour chaque pays où se trouve une communauté)

Répartition des communautés de fmm dans le monde (un point rouge pour chaque pays où se trouve une communauté)