Prêtres et agents pastoraux venant d’ailleurs dans les diocèses de France

1- Commentaires généraux

Le nombre des prêtres venant d’ailleurs, euphémisme pour dire étrangers[1], continue d’augmenter en France. La proportion des prêtres étrangers dans le total des prêtres actifs en France augmente encore plus rapidement, vu l’âge moyen des prêtres français et leur diminution quantitative.

Session Welcome- Janvier 2016

Session Welcome- Janvier 2016

On note une augmentation de la venue en France des agents pastoraux dans toute leur diversité : prêtres séculiers (appelés fidei donum), religieux, religieuses surtout, et dans une moindre mesure des laïcs.

Il n’existe pas de statistiques précises sur ces sujets. L’Eglise de France n’est pas centralisée, il n’existe pas de bureau central du clergé ! Le clergé est géré au plan des diocèses. Les statistiques qui sont présentées ici se fondent sur le nombre de visas délivrés pour l’entrée des agents pastoraux en France. Mais il n’existe pas de statistiques précises sur les départs de France. En conséquence, on peut donner des statistiques sur les entrées en France, mais plus difficilement sur le « stock » de prêtres étrangers en France, puisque nos statistiques portent sur des flux. Flux d’entrée, mais le flux de sortie est inconnu. De plus, les ressortissants de l’Union européenne n’ont pas besoin de visa, ils échappent donc à ces statistiques.

La montée des visas court séjour correspond au phénomène des prêtres étrangers qui viennent pour un remplacement l’été. Mais il y a aussi ceux qui viennent pour participer à un évènement de leur congrégation (chapitre, etc) ou un évènement ecclésial (JMJ en 2016).

Les statistiques présentées concernent l’année 2016. En 2016, 3908 demandes de visa ont été effectuées pour un agent pastoral. 968 pour un long séjour. 2932 pour un court séjour. Au bénéfice de 1257 prêtres, 1533 religieuses, de 121 religieux non-prêtres, de 997 laïcs (c’est l’année des JMJ?).

Malgré l’incertitude concernant les statistiques, on retiendra des ordres de grandeur et des évolutions :
– Il y a environ 5000 prêtres français de moins de 75 ans, donc « prêtres actifs », et 2000 prêtres venant d’ailleurs. Ces PVA constituent donc environ un tiers de l’ensemble des prêtres actifs en France.
– Ces PVA viennent toujours majoritairement d’Afrique, mais les autres continents augmentent : Inde, Viet Nam, Amérique latine…
– Les agents pastoraux venus d’ailleurs sont aussi des religieuses, et de plus en plus des laïcs, même si le chiffre de ces derniers reste faible en comparaison des premiers.
– Le phénomène des agents pastoraux venus d’ailleurs continue d’augmenter. Il n’y a pas de palier ou de stabilisation.
– Ces agents pastoraux venus d’ailleurs ont tendance à se concentrer dans quelques diocèses : les grandes villes. Il n’apparait pas que ces PVA compensent vraiment par leur présence la pauvreté du tissu ecclésial de certains diocèses français.
– Ces statistiques ne permettent pas de saisir un phénomène que l’on pressent, mais qu’on a du mal à chiffrer à ce jour : la venue de jeunes, qui entrent au séminaire ou au noviciat en France, font tout ou partie de leurs études en France, et pour les prêtres, se font incardiner en France. A ce stade, ils ne sont pas ou plus des étrangers, en tout cas pas des PVA. Ils et elles n’ont plus besoin de visas. Et échappent donc à ces statistiques fondées sur les demandes de visa.

Antoine Sondag, 
février 2017.

 

2 – Evolution des demandes de visa ces dernières années

Visa long séjour. On peut penser qu’il s’agit là de personnes –prêtres ou religieuses- qui viennent en mission pastorale en France.

550 en 2009. 566 en 2010. 708 en 2011. 779 en 2012. 898 en 2013. 898 en 2014. 956 en 2015. 968 en 2016.

On constate une progression constante des entrées de personnel pastoral en France. Il n’y a pas de palier dans la venue de prêtres et religieuses en mission pastorale en France.

Origine des personnes en mission pastorale. Pour l’ensemble des visas demandés en 2016 (3908), 2331 le sont au profit d’une personne venant d’Afrique. 1186 venant d’Asie. 353 d’Amérique. Et 13 d’Europe (attention : les Italiens et Polonais par exemple n’ont pas besoin de visa).

L’Afrique compte certes pour environ 60% des demandes de visa, mais l’Asie et l’Amérique latine voient leurs chiffres augmenter. Les chiffres confirment l’impression de sens commun : « les Indiens et les Vietnamiens sont de plus en plus nombreux ».

Session Welcome - Février 2016

Session Welcome – Février 2016

Les nationalités les plus répandues parmi les demandeurs de visa en 2016 : dans l’ordre Madagascar, le Burkina Faso, le Congo RD, l’Inde, le Viet Nam, le Cameroun, les Philippines, la Côte d’Ivoire, …

Commentaire : l’Afrique reste le pourvoyeur le plus important, mais l’Inde et le Viet Nam augmentent fortement. Lorsqu’on évoque l’Afrique, on ne pense pas immédiatement à Madagascar, mais plutôt à l’Afrique de l’ouest et l’Afrique centrale.

Quels sont les diocèses de France les plus demandeurs ?

Dans l’ordre : Fréjus-Toulon, Paris, Strasbourg, Aix, Evry, Versailles, Rennes, Avignon… La géographie des diocèses demandeurs ne recouvre pas la géographie de la pauvreté en prêtres de la France. Au contraire, il semble bien que beaucoup de prêtres étrangers se dirigent vers les diocèses déjà les mieux pourvus en prêtres.

Evolution des visas court séjour.

1512 en 2011. 1888 en 2012. 1993 en 2013. 2135 en 2014. 2517 en 2015. 2932 en 2016.

L’interprétation de ces chiffres est plus délicate, car les demandes de visa court séjour recouvre des réalités diverses, y compris la conséquence du « bas coût » relatif du voyage en avion qui permet plus facilement d’organiser des rassemblements internationaux.

La majorité des visas court séjour sont demandés pour un remplacement d’été pour un prêtre. Il y a aussi des manifestations internes à de nombreuses congrégations religieuses. Le nombre croissant des laïcs recouvre également des réalités diverses. En 2016, avec les JMJ, ce chiffre a encore augmenté fortement, avec le nombre important de groupes de jeunes (donc des laïcs !) venus en France visiter un partenaire avant de partir ensemble pour les JMJ (le visa Schengen facilite ce type de voyage/pèlerinage…).

Antoine Sondag
(statistiques établies par Dalal Nasser, SNMUE)

[1] L’habitude veut qu’on dise prêtres venant d’ailleurs (PVA) et non prêtres étrangers. Personne n’est étranger dans l’Eglise. De plus en français d’Afrique, le mot étranger a une connotation plutôt négative, comme si on rejetait la personne. Prêtre étranger, cela peut être une catégorie de l’administration. Ailleurs on dira PVA.

 

3- Prêtres venant d’ailleurs, quelques chiffres en date de mars 2015

Près de 2000 prêtres venant d’ailleurs sont présents dans les différents diocèses de France pour une mission pastorale. Il faut y ajouter environ 400 prêtres étudiants, dont 200 effectuent un travail pastoral important. Les prêtres étudiants sont évidemment concentrés sont évidemment concentrés autour des grandes villes universitaires, et plus particulièrement les villes de Paris, Angers, Toulouse, Marseille, Lyon, Lille et Strasbourg, où l’on trouve une « Catho » ou une faculté de théologie.

1 048 viennent d’Afrique, parmi eux les pays les plus représentés :
RDC : 232
Bénin : 97
Cameroun : 94
Burkina Faso : 93
Congo Brazza : 85
Côte d’Ivoire : 84
Madagascar : 75
Togo : 69
Sénégal : 57
Burundi : 30
Rwanda : 25
Centrafrique : 24
196 viennent d’Asie, parmi eux les pays les plus représentés :
Vietnam : 60
Inde : 51
Liban : 22
Corée : 12
Indonésie : 10
Chine : 9
291 viennent d’Europe, parmi eux les pays les plus représentés :
Pologne : 166
Italie  : 40
Belgique : 20
Espagne : 15
Roumanie : 9

111 viennent d’Amérique, parmi eux les pays les plus représentés :
Haïti : 44
Brésil : 16
Canada : 12
Colombie : 13
Etats-Unis : 6
Mexique : 4

Nombre de prêtres étrangers par province ecclésiastique (carte de France des provinces)
Paris : 503
Marseille : 198
Lyon : 158
Rennes : 109
Toulouse : 109
Reims : 87
Besançon : 81
Rouen : 79
Lille : 63
Montpellier : 54
Poitiers : 47
Tours : 47
Strasbourg : 42
Dijon : 41
Bordeaux : 38
Clermont : 17

Les statistiques sont à prendre avec précaution. L’indication de chiffres avec des unités laisse entendre que les statistiques sont précises. Il n’en est rien. Ces chiffres sont plutôt des ordres de grandeur. Les prêtres sont gérés au plan diocésain. Et non pas au plan national. Il n’existe pas de bureau national central de placement ou de gestion des prêtres diocésains.