Répartition des Fidei Donum français dans le monde

carte des fidei donum français janvier 2018

La carte nous montre la répartition géographique dans le monde des prêtres Fidei Donum français.
On rappelle la définition du prêtre Fidei Donum.

Cette carte appelle plusieurs commentaires :

1 – Nombre de prêtres. C’est désormais un nombre petit, 70 prêtres. Ce nombre est en déclin. Le nombre des prêtres français diminue, il est normal que le nombre des Fidei Donum (FD) diminue ! Cela fait moins d’un prêtre FD par diocèse français. Autant dire que parfois, il n’y en a aucun ! L’ouverture des Eglises diocésaines françaises sur l’Eglise universelle doit donc désormais être assurée par d’autres canaux que par l’envoi de prêtres français Fidei Donum.

2 – Concentration géographique. On remarquera qu’une moitié de ces prêtres se trouvent en Amérique Latine (36). C’est l’ancienne tradition des FD, incarnée en France par le CEFAL. Un quart se trouve au Maroc et en Algérie (18), pour des raisons historiques compréhensibles. Mais la situation change rapidement : de nos jours, beaucoup de prêtres présents au Maghreb viennent d’Afrique subsaharienne. Cela aussi est normal puisque, désormais, la majorité des catholiques du Maghreb sont eux aussi d’Afrique subsaharienne. Les derniers évêques nommés au Maghreb sont anglais et espagnol.

3 – Cette répartition géographique constitue une image très déséquilibrée du monde actuel. Cette image doit évidemment être corrigée par d’autres facteurs à prendre en considération : par exemple, la présence de prêtres français qui ne sont pas FD. Les Missions étrangères de Paris (MEP) envoient près de 150 prêtres dans les divers pays d’Asie. De nombreuses congrégations religieuses disposent de communautés en divers pays : jésuites, dominicains, assomptionnistes, etc… Il faut ajouter les congrégations féminines plus nombreuses que les congrégations masculines. Mais elles sont affectées des mêmes évolutions : augmentation de l’âge de leurs membres, diminution quantitative des présences à l’étranger, concentration dans les mêmes pays ayant des liens historiques et traditionnels avec la France…

4 – Cette image doit aussi être corrigée par l’importance des volontaires français en poste à l’étranger, envoyés par une agence catholique de volontariat international. Ce sont près de mille volontaires qui sont dans ce cas. Voir par exemple la répartition géographique des 480 volontaires DCC dans le monde.

Carto-volontaires_2016

Carte des volontaires DCC en 2016

5 – Cette image projetée par la répartition géographique des prêtres FD dans le monde est compréhensible par l’histoire et la tradition. Mais cette image risque de nous donner une vision irréaliste du monde actuel et de l’Eglise catholique actuelle. Pour une image actualisée de la répartition des catholiques sur terre.

6 – L’ouverture des Eglises diocésaines de France sur l’Eglise universelle est désormais assurée par d’autres canaux : facilité de l’information ; flux de touristes dans les deux sens (Français voyageant à l’étranger, et nombreux étrangers qui viennent faire du tourisme en France) ; nombre croissant de Français migrants et expatriés qui trouvent un travail à l’étranger ; augmentation des mariages mixtes entre Français et étranger-ère ; présence des communautés de migrants en France (y compris de migrants catholiques) ; jumelages entre paroisses ou diocèses ; accueil de prêtres Fidei Donum étrangers en mission pastorale en France ; etc…

Il est probable que jamais l’Eglise de France n’a été aussi internationalisée qu’elle ne l’est aujourd’hui. Mais ce lien vers l’Eglise mondiale n’est plus le monopole des prêtres, pas non plus celui des religieux/ses. Ce sont toutes les composantes de l’Eglise qui vivent cette ouverture sur l’Eglise globale et mondialisée qu’est devenue l’Eglise catholique au XXIe siècle. Et c’est une Eglise catholique mondialisée qui se rend présente en France !

Antoine Sondag
janvier 2018