Jumelage Aix et Arles – Natitingou

Nous avons entrepris un travail de réflexion sur le jumelage diocésain entre notre diocèse d’Aix et Arles et celui de Natitingou. Par où commencer? Quoi dire?Nous avons opté pour une réflexion à partir de questions que nous avons envoyées à tous les responsables de groupes, leurs demandant d’enrichir notre dossier. En voici le résultat.

Par quel biais avons-nous connu le jumelage ?

Délégation diocésaine pour le jubilé des 70 ans de l'évangélisation de l'Atacora

Délégation diocésaine pour le jubilé des 70 ans de l’évangélisation de l’Atacora

– Le jumelage a connu un second souffle après un voyage diocésain en 2005, pour l’ordination du père Philippe X qui avait fait ses études au séminaire d’Aix-en-Provence et qui avait fait son diaconat chez nous.

– Les prêtres qui connaissaient déjà Natitingou nous ont sensibilisés à cette Mission d’ Église.

– Une Charte du jumelage des diocèses d’Aix et Arles et de Natitingou été élaborée. Ce document a fait de nombreux va -et-vient avant sa rédaction par le comité de jumelage de Natitingou.

-Un retour de voyage: des témoignages, la rencontre avec des béninois venus l’été. Dans notre diocèse, c’est une douzaine de paroisses qui sont jumelées. Les groupes les plus connus sont : La Cathédrale, l’Unité Pastorale Saint Blaise, U.P. Saint Michel, U.P. Notre Darne de l’Arc, Marignane, Pélissanne, Châteaurenard, Eyragues, U.P. Aurélien Sainte Victoire, Les Pennes Mirabeau, Vitrolles, Salin de Giraud, ainsi que des communautés religieuses.

Comment le vivons-nous ici ?

– Le diocèse de Natitingou nous envoie des prêtres fidei donum pour servir sur nos paroisses. Nous restons en contact avec eux.

– Depuis quelques années maintenant, nous avons notre prière du jumelage, elle est dite à toutes nos rencontres. Elle a été écrite à plusieurs mains, ici et là-bas.

– Nous sommes un des moteurs dans la préparation de la semaine Missionnaire. A Vitrolles, par exemple, la messe regroupe toutes les communautés présentent sur la paroisse, elle est suivie d’un repas partagé, de chants, et de témoignages. C’est une belle journée festive!

Vitrolles

Messe des missions à Vitrolles

– Dans certaines paroisses, une fois par mois il y a un échange de prière universelle.

– Sur Vitrolles, un classeur est à disposition à l’accueil, où sont mises toutes les nouvelles nous parvenant, ainsi que des photos, mais aussi des factures, pour que le plus grand nombre soit informé, s’il le désire. A l’époque du numérique il faut penser aussi à tous ceux qui n’ont pas d’ordinateur, ni de page Facebook.

– Tous les mois, dans le bulletin paroissial, nous avons notre rubrique « Nouvelles de Koussou » ou nous donnons les dernières nouvelles.

– Ouverture aux autres ? Accepter d’être bousculé dans notre fonctionnement ? : Rencontre avec un pays très pauvre de l’Afrique et découverte de ce qu’a dû être l’église des premiers chrétiens.

– Travailler notre accueil quand les prêtres viennent en restant nous-même (ne pas favoriser le mythe de l’Europe providence).

– Être disponible veillez à ce que des sorties leur soient proposées pour leur faire découvrir la région…

– En temps voulu, le secrétariat de l’archevêché nous fournit la liste des prêtres présents sur le diocèse l’été pour nous faciliter les prises de contact.

– Vivre une journée en diocèse. Par exemple, depuis quelques années, nous avons pris l’habitude de nous rendre à Salin de Giraud avec les prêtres venant de Natitingou. Leur premier Evêque, Monseigneur Patient Redois, étant revenu dans notre diocèse comme simple curé pour des raisons de santé, y est mort accidentellement. Nous allons ainsi sur sa tombe car c’est Monseigneur Patient Redois qui avec le Cardinal Bernard Panafieu ont voulu notre jumelage.

– Être en lien avec le prêtre responsable du jumelage à Natitingou.

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Messe à Natiingou

RES03922– Faire vivre le jumelage au sein de la communauté paroissiale: affiches, Facebook, opérations financières. A Aix-en-Provence, le groupe de la Cathédrale a monté une association de récupération de vélos qui sont remis en état et revendus au profit de l’enseignement catholique de Natitingou, car notre action est surtout centrée sur la scolarisation des enfants.

– La paroisse de Carry-le-Rouet s’est penchée sur la fabrication et la vente de savon.

– A la paroisse d’Istres, le groupe a préféré se monter en association, Provence/Atakora, et s’occuper du container qui chaque année est envoyé à l’évêché de Natitingou. Tous les groupes peuvent ainsi faire passer du matériel à leur paroisse sœur.

A l’unité pastorale Aurélien Ste Victoire: « nous faisons une visite une fois par an depuis la mise en route de notre jumelage. Nous avons associé la vie paroissiale à notre jumelage grâce au catéchisme, nous avons créé un atelier& de couture pour réaliser des objets que nous vendons ensuite à la kermesse paroissiale et autres temps forts, ainsi que des lotos et repas. L’argent récolté nous sert soit à la scolarisation d’enfants et divers travaux de constructions.»

– Faciliter la rencontre avec les prêtres venant l’été. Nous veillons à ce qu’ils soient suffisamment invités, dans les familles, mais aussi faciliter l’accueil des jeunes.

– Cette année nous avons invité deux jeunes et un prêtre à participer aux J.M.J. avec les jeunes de notre diocèse. Outre l’aspect financier, il a fallu organiser leur séjour chez nous, leurs bagages par ex. Au retour, nous leur avons fait rencontrer des paroissiens pour témoigner de leur vécu aux J.M.J. mais aussi chez eux.

– Être en lien aussi avec les Moniales de Jouques qui ont fondé un Monastère à Péporiyakou Bénin. Nous avons à cœur d’y mener les prêtres et laïques présents sur notre diocèse.

– Mais aussi aller visiter les vieux missionnaires à leur maison de retraite de Montferrier. Ils ont donné leur vie pour ce diocèse, qu’ils n’ont pas quitté dans leur cœur.

– Nous puisons auprès d’eux un amour pour ces peuples de l’Atakora. Ils rayonnent de joie malgré leur grand âge. Nous apprenons beaucoup à leur contact.

– Notre diocèse est très étendu, pour que ce ne soit pas toujours les mêmes qui fassent des heures de voitures, nous tournons dans les paroisses jumelées. Un autre avantage à ce système c’est que nous pouvons ouvrir notre rencontre aux paroissiens du lieu qui souhaitent avoir des nouvelles.

Comment le vivons-nous là-bas ?

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Transports locaux

– Cette année, un jeune séminariste Damien est parti comme volontaire pour une durée de deux ans. Nous avons organisé une rencontre diocésaine lors de son retour pour les vacances.

– Être humble, se laisser accueillir, ne pas juger, respecter l’autre, ne pas vouloir le transformer, se laisser porter.

– Partager notre Foi, s’enrichir.

– Aider, mais ne pas imposer. Dans l’équipe nous avons un médecin à la retraite, Geneviève. Tous les ans elle part un à deux mois, pour aider à l’hôpital Ste Bakitha et permettre aussi au médecin résidant de prendre un peu de repos.

– Nous sentons néanmoins que nous devons définir nos actions avec le prêtre résident, mais ceux-ci changeant trop souvent, il est difficile pour le nouveau curé de prendre le relais .Heureusement que nous avons des communautés religieuses qui elles sont pérennes (Unité Aurélien STE Victoire)

– Bien souvent nous changeons de projets une fois sur place pour répondre à l’urgence.

– Regarder les autres acteurs agissant sur le même lieu. Se rencontrer. Qui fait quoi?

Les difficultés rencontrées

– La santé des gens qui partent au Bénin.

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Prêtres du diocèse de Natitingou

– Les changements de prêtres. Dans notre diocèse «jumeau», les laïques ne sont pas assez impliqués dans les jumelages, les curés détiennent l’autorité.

– Les contacts avec les chrétiens en dehors des visites sont difficiles, car on n’est pas dans une culture de l’écrit, et beaucoup d’adultes sont analphabètes et parfois parlent ou comprennent très mal le français.

– Durer dans le temps. C’est difficile, car nous devons rester sur la paroisse jumelle en laissant partir le prêtre avec qui nous avons «bien travaillé». C’est avec une paroisse que nous devons créer des liens fraternels. Certains groupes ont du mal à voir partir le prêtre, d’où la nécessite d’avoir des équipes de laïques en Afrique.

– Ne pas démarrer un jumelage avec de gros projets. Certains groupes ont voulu se lancer dans des projets de grandes envergures qui n’ont pu aboutir pour différentes raisons. Du coup leur jumelage qui avait bien commencé est au point mort.

– Avoir une grille de rencontres pérenne. Pour nos séjours sur place nous choisissons toujours la même période, saisons sèche et hors vacances scolaire pour des prix de billet d’avion plus raisonnable (Aurélien STE Victoire)

– Nous sommes un jumelage diocésain, et ensuite paroissial, aussi il nous faut être vigilant de ne pas s’enfermer dans un groupe, mais d’essayer de drainer avec nous nos paroisses. C’est une difficulté, car il y a déjà tellement de groupes, et organismes. Nous devons veiller à ce que des paroissiens s’impliquent dans les jumelages car c’est nous qui restons dans nos paroisses. Les prêtres sont affectés que pour un temps. Les jumelages doivent être collectifs et non attachés à une personne. Ce qui bien souvent pose des problèmes.

– Nos jumelages ont du mal à se rassembler pour un travail ou une rencontre en diocèse même si le groupe reste très actif dans son coin.

Autres suggestions :
Les prêtres de Natitingou souhaiteraient aussi accueillir des prêtres du diocèse d’Aix-en-Provence et Arles, durant la période des vacances.

 

Martine Caffo et Marie-jo Girard
Aix-en-Provence, 17 août 2016